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Les écrits d'Eskel Rehard.

17 févr. 2018
2 min de lecture

Dernière mise à jour : 6 févr. 2020


"Parlons maintenant d’un sujet plus épineux, de ce que les peuples d’Hélios nomment "La légende noire". Pourquoi un nom aussi sinistre ? Parce qu’elle est probablement à l’origine de tous les maux de notre monde. Voici donc l’histoire d’un village aujourd’hui disparu, dont la chute fut causée par un enfant.

Ciméfam était une petite bourgade sans histoire, l’une des plus belles au nord est d’Hélios. Le village rayonnait de vie et de fertilité : les maisons étaient toutes plus fleuries les unes que les autres et elles étaient bordées d’un côté par une belle forêt touffue et de l’autre par une prairie d’herbe épaisse et verdoyante, ponctuée ci et là de champs de blé dorés. Dans ce petit village vivait une femme et son fils dont les noms se sont perdus au fil des ans. Si cette famille manquait d’argent, elle était en revanche la plus riche en affection. La mère était d’une tendresse sans égale et sa dévotion envers son fils unique et son éducation n’avait pas de limite. Le jeune garçon baignait dans l’amour maternel.

Malheureusement, ce bonheur et cette beauté connurent une fin abrupte et tragique. Un beau jour, l’enfant s’aventura dans la forêt comme il en avait l’habitude. Sa mère ne s’en inquiéta pas : ce n’était pas la première fois qu’il passait la journée dans les bois, et ceux-ci étaient dépourvus de prédateurs ou d’animaux dangereux.

Alors que l’après-midi touchait à sa fin et que le soleil commençait à prendre sa teinte orange, elle vit son enfant revenir de la forêt. Lui adressant un sourire et un signe de la main, elle se rendit compte à ce moment que quelque chose n’allait pas. Le garçon, au lieu de courir vers elle comme à l’accoutumée, avançait en traînant les pieds, l’air hagard, et s’arrêta juste avant de sortir de l’ombre des arbres. Était-ce seulement une impression ou bien les bois étaient-ils vraiment plongés dans des ténèbres anormalement épaisses ? La femme sentit un frisson lui parcourir l’échine, mais elle n’eut pas le temps de se pencher sur la question. D’énormes créatures jaillirent de l’obscurité de la forêt et passèrent à côté de l’enfant pour déferler sur le village. L’une d’entre-elles percuta la mère dans sa course, et cette dernière perdit connaissance en tombant sur le sol.

Ciméfam fut dévasté ce jour là par ces créatures. Quelques villageois parvinrent miraculeusement à s’enfuir, emportant avec eux la mère de l’enfant. Ils se rendirent à Vilamel, et de là à Maiveroy. Malgré son immense chagrin, la femme parvint à raconter ce qu’il s’était passé. Nul ne sait aujourd’hui si elle a ensuite réussi à surmonter sa peine ou si elle a passé le reste de sa vie à pleurer son fils.

L’histoire de Ciméfam se répandit rapidement et tous les habitants des villages alentours préfèrent fuir pour reconstruire leur vie ailleurs, loin des monstres. Ces derniers ne firent cependant pas de nouvelle irruption, et plus personne n’entendit parler d’eux ni du petit garçon pendant près de trois cents ans.

Cet enfant est-il le fléau de notre monde, la puissance maléfique agissant contre la volonté des hélénides et voulant renverser l’équilibre ?

Est-ce ainsi que naquit le Karbal ?"

Extrait du journal d'Eskel Rehard, érudit de la cour du Roi.


 
 
 

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